LE PAYSAGE NATUREL

La photographie de paysages fait partie des thèmes classiques de la créativité en images. Les paysages n’ont pas seulement enthousiasmés les grands peintres, mais d’innombrables photographes mondialement connus ont traité ce sujet fascinant.



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La Photographie de Paysage | Philippe Sainte-Laudy : Niveau Expert


ÉDITORIAL

Où réside ce côté fascinant ? Certainement dans le fait que la beauté de la nature trouve dans l’image son immortalité. La photographie est en mesure de fixer en une fraction de seconde une image absolument réaliste, avec tous les détails de l’instant et une ambiance d’éclairage, qui sera toute différente quelques minutes plus tard. Une bonne photographie de paysage est toujours unique et non reproductible. Si elle est vraiment bonne, on ne peut guère la copier en mieux. Au premier abord, les photographies de paysages semblent simples à réaliser. Il s’agit de sujets statiques qui ne forcent pas à se presser et que l’on peut en tout temps rephotographier. Au point de vue technique, le thème semble ne pas être trop exigeant et ne pas poser de problèmes. Mais quand on s’occupe de façon intense de paysages naturels et des si belles images qu’on peut admirer dans des expositions, des galeries ou des ouvrages d’art sur ce sujet, on constate qu’il existe une grande différence entre un instantané fait rapidement et une photographie de paysage réalisée avec l’œil du maître. Une énorme dose d’habileté, de temps et de patience sont nécessaires, pour rendre en image cette impression que nous ressentons lors de la prise de vue bien préparée dans la nature.

PAYSAGE NATUREL ET PHOTOGRAPHIE

Les paysages naturels ont de tout temps fascinés les photographes. Les photographes les plus connus de l’histoire ont toujours eu une prédilection pour la photographie de paysages. Ils ont créé des œuvres grandioses qui ne sont en rien inférieurs à des œuvres comparatives en peinture. D’une part, c’est l’aspect documentaire qui prime, quand il s’agit de présenter un paysage comme il est en réalité et le rendre accessible au spectateur. D’autre part, en choisissant un point de vue spécialement intéressant, on essaie de donner à l’image une répartition adéquate des volumes et des surfaces ou par un éclairage exceptionnel une note individuelle et artistique. Comme c’est le cas pour la plupart des sujets, il est inhérent à la photographie de paysages, qu’elle doit être unique et de ce fait non reproductible. Peu d’instants après la prise de vue, la scène est déjà toute autre : Le vent fait onduler les champs de blé. Les animaux et les hommes dans l’image ont bougé, et la formation étonnante des nuages est déjà en train de se disloquer.

Seule la photographie est en mesure d’immobiliser cet instant pour toujours et de rendre le paysage comme le photographe l’a vécu et fixé pour l’éternité. La fascination de la photographie de paysages, mais aussi les facilités d’aujourd’hui de voyager ont eu pour effet que la nature est devenue un des sujets les plus appréciés tant par les amateurs que par les photographes professionnels créatifs. Considérant que la photographie de paysages faite par des amateurs concerne essentiellement de purs souvenirs de voyage, beaucoup de photographes de métier concentrent leurs efforts, dans le cadre de reportages spécifiques de pays ou de régions, à documenter en images le mieux possible les paysages des régions visitées. Certains photographes essaient de reproduire un paysage de façon tellement parfaite, qu’il en résulte une œuvre d’art unique qui ne peut pas être répétée. Il ne s’agit pas là d’images de paysages faites par hasard, mais bien de la photographie de paysages conçue, dans laquelle le point de vue, le moment idéal et le temps doivent être exactement synchronisés. Il y a des photographes qui se vouent pendant des années à un sujet, qui retournent dans la région souvent, pour réaliser enfin une prise de vue parfaite comme ils l’ont toujours eue en tête.

De nos jours des millions de photographes amateurs photographient les paysages des endroits touristiques. Le résultat ne satisfait souvent même pas les amateurs eux-mêmes, parce que chaque carte postale est meilleure et qu’elle représente le sujet de façon professionnelle. Ces images déçoivent parfois aussi, si on fait abstraction des imperfections techniques, parce qu’elles ne comportent pas de points forts et de particularités. L’image ne vit pas. L’éclairage est mauvais. Et l’ambiance qui contribue à une bonne photographie de paysage manque. Ces images ne sont qu’une simple transposition du paysage et ne satisfont pas.
 

Pour beaucoup de photographes la photographie de paysages à une place bien à soi dans leur activité. Comme il s’agit essentiellement de sujets libres et seulement rarement d’une commande, ils s’attachent à ce sujet plus par ambitions artistiques et créatives. Ils sont – contrairement à la plupart des autres travaux qu’ils doivent exécuter – absolument libres dans leur conception et interprétation. Pas de « briefings » avec des conditions contraignantes et pas de limite dans le temps, qui placent le photographe en une situation de stress. Par définition, la nature se trouve à l’avant-plan. Elle offre au photographe bien plus de latitude créative qu’une commande liée à des paysages urbains ou industriels. Là ce sont la documentation d’états de fait ou des messages publicitaires qui priment, limitant sensiblement l’activité créatrice du photographe. Les paysages urbains concernent en règle générale des prises de vues d’ensembles ou de détails de sites construits ou des architectures tout au plus présentées dans leur entourage naturel. Le rapport à la nature joue dans ce cas un rôle bien inférieur. Cette situation est encore accentuée dans la photographie de paysages industriels. Elle montre surtout des vues générales de complexes industriels et de fabriques qui sont des photos finissant essentiellement dans des archives de société et qui sont le cas échéant utilisées pour les publications ou présentations les plus diverses. Dans ces cas, ce sont surtout les aspects documentaires qui doivent être respectés. Les paysages naturels, tels que nous les concevons ici, ont d’abord un rapport étroit avec la beauté de la nature, avec des formes bizarres de pierres, une faune ou une flore intacte, des ambiances d’éclairages étonnantes et bien d’autres aspects encore. Si l’homme intervient dans cette harmonie naturelle, il reste souvent des traces d’une civilisation destructrice de la nature, qui n’est pas concevable avec le but de la photographie de paysages naturels. Jusqu’à quel point la civilisation humaine est acceptable dans une image de paysage naturel et où celle-ci cesse de correspondre à notre définition thématique, est difficile à définir de façon générale. En fin de compte, c’est le photographe qui décide, s’il peut incorporer à ses images des immeubles isolés ou des villages éloignés, ou encore des hommes et des animaux, sans que ceux-ci y dominent.

HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE DE PAYSAGES

Que les paysages naturels aient eu au début de la photographie un attrait particulier est dû au fait qu’à cette époque les durées d’expositions étaient longues, souvent de plusieurs minutes, et que les photographes devaient se limiter à des sujets statiques. Les plus anciennes images que nous connaissont représentant des paysages ne sont pas tant dues aux deux inventeurs français de la photographie Joseph Nicéphore Niépce (1765 – 1833) et Jacques Louis Mandé Daguerre (1787 – 1851) qu’à l’anglais William Henry Fox Talbot (1800 – 1877). C’est lui qui réussit en 1835 -quatre années avant la publication des premiers procédés photographiques de Daguerre à Paris – à produire la première image sur papier au nitrate d’argent, et sa très belle maison de campagne « Lacock Abbey » près de Birmingham en Angleterre lui offrait des sujets de paysages en suffisance pour ses premiers essais. Au début de l’ère photographique, la photographie de paysages n’avait que relativement peu d’importance. L’intérêt du public se portait plus sur le portrait et les photos de groupes. Les images de paysages étaient donc essentiellement dues à l’intérêt personnel des photographes et n’avaient guère de but lucratif. La cote de la photographie de paysages s’accentua dans la deuxième moitié du 19ème siècle en raison du désir toujours plus grand de voyager dans des pays lointains. Les deux Français Maxime Du Camp (1822 – 1894) et Gustave Le Gray (1820 – 1884) font sans nul doute partie des pionniers de la photographie de paysages. Leurs images ramenées de leurs diverses expéditions créèrent alors à Paris une vraie sensation. La photographie, de par sa façon réaliste de représentation, eut une grande influence sur la peinture et suscita une toute nouvelle direction de style de l’impressionnisme. Ce n’était plus le paysage en soi qui se trouvait au centre de l’intérêt, mais l’ambiance et les situations d’éclairage dans le paysage que le peintre habile projetait selon son propre sentiment sur la toile. L’impressionnisme en peinture trouva aussi parmi les photographes des amateurs de style, ce qui conduisit à l’époque de la photographie artistique et qui résultat en une création uniforme de style dans tous les pays depuis 1887 jusqu’au commencement de la guerre en 1914. Le début de la photographie artistique remonte à 1887 avec la fondation du Camera-Club de Vienne par Heinrich Kühn, Hugo Henneberg et Hans Watzek, qui se consacrèrent essentiellement à des représentations impressionnistes et dont les expositions contribuèrent de façon importante à la diffusion de leur style. Ce fut l’époque du pictorialisme. La période d’après guerre fut marquée par un style contraire. Les représentations réalistes étaient à nouveau demandées et provoquèrent la création d’œuvres objectivistes. Cela débuta par le « nouveau réalisme » créé par Alfred Renger-Patzsch ou par le nouveau style proposé entre autres par Willard van Dyke et Ansel Adams (un de mes maîtres) en 1932 à San Francisco, le Groupe f/64. Le but de ce dernier organisme était l’utilisation de chambres en grand format et d’objectifs diaphragmés jusqu’à 64 (d’où son nom), pour produire des photographies nettes, permettant par là de représenter les sujets et les scènes aussi fidèlement et réaliste que possible.

PHOTOGRAPHIE DE PAYSAGES – DANS QUEL BUT ?

Pourquoi photographions-nous des paysages ? Le plus souvent les photographies de paysages se font librement et sans être commandées par un client. D’où un bénéfice minime. Les photographes qui gagnent leur vie uniquement avec la photographie de paysages sont bien rares. Les photographes sont en règle générale des gens qui vivent de la vue et qui apprécient particulièrement les beautés naturelles. D’autre part ils sont fascinés par la lumière – une autre condition indispensable à ce métier – tant par les possibilités créatrices d’un éclairage en studio que par la beauté des ambiances naturelles de lumière. Voici donc déjà ce qui explique pourquoi les paysages naturels enthousiasment toujours les photographes, même s’il existe d’autres genres de sujets, dont les photographies se vendent plus facilement et qui sont financièrement plus intéressantes. Un autre fait vient s’y ajouter : Beaucoup de photographes voyagent souvent de par leur profession et rencontrent lors de leurs déplacements les paysages naturels les plus fascinants. Quoi de plus simple que de reproduire ces expériences en images – professionnelles – impressionnantes et prouvant le savoir-faire photographique. Cela fait aussi partie de la fascination pour la photographie de paysages naturels.

LE PAYSAGE INTERPRÉTÉ ARTISTIQUEMENT

 

Chaque paysage a son propre caractère. Que se soit une plage lisse, qui se perd dans le bleu infini de la mer, la toundra brute et ventée avec un minimum de végétation ou encore des formations bizarres de rochers en haute montagne, chaque paysage a son propre visage. Rendre ce caractère individuel le mieux possible en image et le fixer est un grand défi à l’adresse du photographe créatif.
 

On pourrait penser que des paysages naturels ne sont guère des sujets pour une photographie créative. Le paysage est là, l’éclairage donné, et tout un chacun peut en faire une photo. Mais on se rend compte à quel point la photographie de paysages peut être créative, quand on examine les œuvres étonnantes de grands photographes de paysages, et quand on compare leurs résultats à la scène naturelle. L’éclairage est optimale et donne à l’image une ambiance impressionnante. Chaque détail joue, comme si le « maître » avait ordonné par mégaphone aux vaches sur le pâturage de se mettre en place. Une branche cache habilement un détail gênant – nous ne l’aurions même pas vu. Mais ce détail nous aurait dérangé plus tard pendant des années. Ce n’est pas seulement l’heure du jour, mais aussi la saison qui est parfaitement choisie. Si le photographe avait fait sa prise de vue seulement une semaine plus tard, la période de la floraison était passée, et les arbres fruitiers ne se seraient presque plus distingués de la forêt à l’arrière plan. Et puis examinons la formation des nuages. C’est incroyable l’aspect dramatique qu’elle donne à l’image. Un hasard ? Surveiller la situation météorologique pendant des jours ? Quel filtre a-t-il utilisé ? Que de questions. Plus nous nous occupons de ce genre d’exemple, plus nous reconnaissons l’aspect artistique et créatif de la photographie de paysages et plus les images produites deviennent uniques et impossible à répéter. Mais où trouver des paysages qu’on peut transposer de façon créative en des images éloquentes ? « Pourquoi aller chercher au loin ce qui se trouve devant notre porte » dit un dicton. Les paysages que nous voyons tous les jours dans notre environnement direct nous semblent peu intéressants et pas attrayants photographiquement parlant. Et pourtant, ce sont justement ces paysages auxquels nous devrions nous intéresser, puisque nous avons l’avantage de la proximité géographique et la possibilité de réaliser rapidement une image de qualité lorsque l’éclairage est spécialement évocateur. Nous pouvons également répéter ce genre de prise de vue dans des conditions d’éclairages différents, ce qui peut donner un portfolio très intéressant par la suite.

LE PAYSAGE EN PUBLICITÉ

 

La tendance est évidente. En publicité on recherche de plus en plus des prises de vues de paysages.
 

C’est surtout le cas pour des produits proches de la nature dans les branches les plus divers comme les lessives, les cosmétiques, la mode, les boissons, les produits alimentaires, les meubles, les produits agricoles, mais aussi les voitures et les machines, pour lesquelles les agences de publicité et les clients directs ont besoin de bonnes photographies de paysages. Il s’agit de montrer en images « un monde en bonne santé » pour vendre les produits selon un aspect écologique ou tout simplement pour mieux les positionner dans le marché. C’est donc intéressant pour le photographe d’avoir, en vue de telles utilisations, une réserve de ce genre de photographies et de collaborer avec une ou plusieurs agence d’images. Mises à part les prises de vues purement documentaires, bon nombre d’images de paysages naturels apparaissent dans les publications les plus diverses. On les utilise pour des revues de voyage, pour illustrer un article sur un pays éloigné ou spécialement intéressant. On a couramment besoin de bonnes photos de paysages dans d’autres buts. L’industrie des articles de souvenir, dont il ne faut pas sous-estimer les chiffres d’affaires, est toujours en quête de photos actuelles pour des cartes postales et des souvenirs les plus divers. Et plus les gens voyagent, plus cette demande est importante.

DE L’IDÉE À L’IMAGE

 

Quand on veut faire des travaux exceptionnels en photographie de paysages, il faut prévoir, comme pour la plupart des tâches créatives, une idée et un concept clairs. La photographie, c’est dix pour-cent d’inspiration et quatre-vingt-dix pour-cent de transpiration. Cela est aussi valable en photographie de paysages.
 

Il faut tout d’abord repérer des sujets qui s’y prêtent lors de randonnées ou de déplacements en voiture. Il faut noter où on a vu des scènes qui en valent la peine, quelle heure du jour serait probablement la plus favorable, à quoi il faut veiller en particulier et ajouter si possible une photo instantanée ou une copie de petit format à ces notes. Il est important de bien connaître le paysage à photographier. Vous devriez savoir par quels chemin y arriver et connaître le point de vue depuis lequel vous voulez faire votre prise de vue, ceci pour vous épargner la recherche fastidieuse du point idéal, muni de tout votre pesant équipement photographique. Renseignez-vous aussi si le point de vue choisi se trouve sur une parcelle publique ou privée. Tous ces travaux préliminaires sont de longue haleine et peuvent être faits avant le jour qui présentera les conditions météorologiques idéales. Un autre point concerne la bonne saison pour la prise de vue. Chaque saison a son charme particulier, et il fait partie de votre concept de choisir le printemps, l’été, l’automne ou l’hiver pour réaliser votre travail. On peut aussi se poser la question si on veut refaire, à plusieurs saisons et à des intervalles réguliers, la même prise de vue, ce qui donne en fin de compte un portfolio intéressant.

  • Le printemps présente la nature qui se réveille avec des arbres en fleurs et en couleurs vives. Le vert délicat montre toute une palette de tons intermédiaires. Des champs fleuris sont un avant-plan idéal.
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  • L’été est riche en jour ensoleillés présentant un éclairage souvent plat. Les jours pour faire de bonnes photos sont plus longs. Les heures du matin et du soir offrent des éclairages intéressants. Par des jours d’été bien chauds, il se forme des cumulus dans le ciel. Mais attention en utilisant de longues focales à des températures élevées, l’air scintillant crée du flou.
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  • L’automne nous ravit par les couleurs féeriques des forêts d’arbres feuillus, mais qui ne durent toutefois que quelques jours. Ensuite ces couleurs prennent un ton brun morne. D’autre part il y a en automne des journées très claires pour faire des prises de vues à longue distance, mais aussi des ambiances de brumes avec des rayons de soleils qui la traversent.
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  • L’hiver donne souvent une impression de désolation, et il faut beaucoup d’assiduité pour photographier en hiver selon un concept donné. Les surfaces enneigées, sans traces de pas , d’animaux ou de ski, sont ennuyeuses. Les arbres givrés en contre-jour par contre sont des sujets de rêve. Pour accentuer le bleu du ciel on peut se servir d’un filtre polarisant.
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IDÉE ET RÉALISATION

 

La photographie de paysages n’est pas simplement une simple photo de la nature. La photo de paysage transmet un message dans lequel le sujet central, qui agit comme un point d’attrait pour le spectateur, joue un rôle primordial.
 

D’autres éléments de la composition doivent clairement se soumettre à ce dernier. Le sujet principal peut être une montagne, une rivière, une haie qui avance dans l’image, un arbre ou tout autre sujet. La nature en est pleine. Mais soyez exigeant lors de votre choix des sujets et optez pour celui qui présente des formes et des lignes captivantes et qui s’accorde bien à son environnement. Le cadrage précis est un des éléments importants de la créativité. La photographie de paysages vit des cadrages. Une photographie générale faite avec un objectif grand-angulaire extrême n’est souvent rien d’autre qu’une simple reproduction d’un paysage, mais en tous cas pas l’image travaillée d’un paysage. Soyez donc critique et n’acceptez pas de compromis. Si le sujet choisi et le cadrage possible n’est pas tout à fait convaincant, oubliez cette scène et cherchez-en une autre. Souvent lors de la recherche, un sujet promet plus que ce que l’image exprimera par la suite. Lors de l’examen d’un sujet, je prends toujours cinq points en considération :

  • Quelle est l’impression que l’espace me donne à moi-même ? En quelle profondeurs peut-il être divisé (avant-plan, plan moyen arrière-plan) ? Quelle est la partie intéressante ? Un point de vue élevé est-il conseillé pour obtenir plus de profondeur, ou au contraire faut-il choisir un point de vue bas pour réduire l’impression de profondeur ?
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  • Quel est l’éclairage qui s’adapte à ce paysage ? Le terrain doit-il être accentué par un éclairage dur en contre-jour, ou une lumière latérale, voire même frontale, serait-elle meilleure ? Ou serait-ce l’éclairage diffus de l’automne qui se prêterait le mieux ? C’est le genre d’éclairage qui décidera du moment idéal de prise de vue.
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  • Est-ce que les formations du terrain sont intéressantes ? Doit-on en montrer beaucoup (avec un horizon haut placé) ou peu (avec un horizon bas) ? Y a-t-il des détails à cacher, parce qu’ils gênent dans la composition de l’image ?
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  • Doit-on tenir compte dans l’image de certains événements de la nature (coucher du soleil…) qui donnent à une prise de vue une tension supplémentaire ? A quelle heure se situent-ils ? Un éclairage inhabituel dans le paysage crée toujours une tension additionnelle.
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  • Quel est en fait l’objet de la prise de vue ? Est-il assez évident, visible ? Comment en augmenter l’effet ou l’expression ?
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C’est à dessein que je pose la question de l’objet à la fin. Si j’arrive à la conclusion que la scène ne représente en somme pas un sujet valable et que le message manque dans cette image, je ne prends pas la peine de dresser mon trépied et je repars…

POINT DE VUE ET PERSPECTIVE

 

On appelle perspective la représentation plane de relations et de sujets dans l’espace.
 

A l’aide de la photographie nous transposons une scène à trois dimensions en une reproduction en deux dimensions. Mais l’impression de profondeur, la répartition des sujets dans l’espace doivent être conservées, voire même accentuées. C’est un des éléments d’expression essentiels de la photographie de paysages. Disons-le clairement : La perspective n’est pas influencée par la focale de l’objectif, mais seulement et uniquement par le point de vue où se trouve le photographe. La focale de l’objectif détermine l’angle d’image et la dimension du sujet dans l’image, sans influencer la perspective. L’essentiel dans le choix de la perspective est le point de vue du photographe. Bien souvent il n’est pas aisé du tout de se positionner à l’endroit voulu. Des prises de vues très basses nécessite un trépied qui permet de travailler tout près du sol, ce qui n’est possible qu’avec quelques trépieds professionnels. De même, des points de vues très haut placés sont parfois difficiles à atteindre. Des repères de chasseurs sont souvent les bienvenus. Il faut également mentionner la perspective aérienne, sur laquelle on n’a pas d’influence, mais qui peut créer de l’ambiance. C’est la brume atmosphérique dans l’espace qui en est à l’origine. Elle présente les différents plans en intensité diminuante des couleurs et des tons. Plus les sujets sont éloignés, moins ils seront colorés et distincts. Cet effet se voit surtout les jours brumeux, ce qui donne un échelonnement intéressant des sujets dans l’espace se remarquant surtout en contre-jour.

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